Agent immobilier : ce que le DMA change vraiment sur Google en 2026

Depuis le 8 septembre 2026, Google modifie ses pages de résultats en Europe pour se conformer au Digital Markets Act (DMA), le règlement européen qui lui interdit de favoriser ses propres services. Le 18 septembre, Google a étendu ces changements aux recherches d’établissements locaux. Concrètement, une plateforme tierce peut désormais afficher son propre encart au-dessus ou en dessous de la carte et des trois fiches Google. Nous avons détaillé la règle et son origine dans notre article de synthèse sur le DMA.

Pour un agent immobilier ou un mandataire indépendant, la question est simple : sur « agent immobilier + ville », est-ce que votre fiche Google risque de perdre sa place ?

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Ce qui change aujourd’hui pour un agent immobilier

Pour l’instant, rien de visible. Sur les recherches que nous suivons pour nos clients conseillers immobiliers (« agent immobilier », « estimation immobilière », « mandataire immobilier » suivis d’un nom de ville), nous n’avons pas relevé d’encart tiers au-dessus du bloc local de Google.

Le mécanisme explique pourquoi. Un encart tiers, que Google appelle « unité agrégateur », n’apparaît que si une plateforme validée par Google lui transmet un flux complet d’établissements : nom, adresse, téléphone, catégorie, photos. Dans sa documentation destinée aux plateformes, Google cite trois familles de recherches locales visées : la restauration, les services (avec l’exemple des salons de beauté) et les loisirs. L’immobilier n’y figure pas nommément.

Les plateformes qui pourraient se positionner

L’immobilier n’est pourtant pas à l’abri. Deux types d’acteurs recensent déjà les professionnels du secteur :

  • les portails d’annonces, comme SeLoger, qui tient un annuaire d’agences par ville ;
  • les sites d’estimation et de comparaison d’agents, comme MeilleursAgents, qui classe agences et mandataires selon le nombre de biens vendus sur le secteur et les avis clients.

Ce second modèle est le plus proche de ce que Google demande à un « agrégateur ». Si l’un de ces acteurs obtient sa place, une recherche « agent immobilier Beaune » pourrait afficher son classement à lui, avec un clic qui mène vers sa plateforme et non vers votre fiche. Rien de tel n’est observé à ce jour, mais c’est le scénario à surveiller.

Agent immobilier, thérapeute, restaurant : qui est le plus exposé ?

Métier Plateformes qui recensent déjà le secteur Exposition aujourd’hui
Supermarché, banque Outils de gestion multi-sites (Partoo) Encart déjà visible
Restaurant Réservation de table, livraison Forte, catégorie citée par Google
Institut de beauté Planity, Treatwell Forte, catégorie citée par Google
Thérapeute Plateformes de rendez-vous bien-être Moyenne
Artisan PagesJaunes, sites de devis Moyenne, déjà touché en 2024
Agent immobilier Portails, sites d’estimation Faible à court terme

L’agent immobilier se situe en bas de ce tableau pour une raison de fond : la recherche « agent immobilier + ville » est une recherche de personne. Le vendeur veut un nom, une réputation locale, des avis. C’est exactement ce que la fiche Google montre, et c’est ce que Google défend le plus volontiers dans ses résultats.

Faut-il s’inquiéter ?

Pas à court terme. Trois éléments jouent en faveur des agents et mandataires :

  1. Google Maps n’est pas concerné. Les changements liés au DMA ne touchent que la recherche Google. Selon Partoo, environ la moitié des recherches locales passent par Maps, où le classement des fiches reste inchangé.
  2. Aucune plateforme ne couvre aujourd’hui tous les mandataires de façon homogène. Les réseaux (SAFTI, Propriétés Privées, Optimhome, Expertimo…) ont chacun leurs pages conseillers, mais aucun ne fédère l’ensemble du marché.
  3. La fiche Google reste le point de contact principal. Un vendeur qui trouve votre nom sur un portail finit très souvent par vérifier vos avis sur Google avant d’appeler.

Dans quel sens le vent souffle

Le calendrier de Google montre une extension par étapes : quatre catégories le 8 septembre (hôtels, vols, trains, produits), puis les recherches locales dix jours plus tard. Google présente lui-même ces changements comme une dégradation imposée et affirme que les ajustements précédents liés au DMA ont fait baisser d’environ 30 % le trafic direct et gratuit vers les entreprises européennes. La Commission européenne, de son côté, évalue encore si la mise en conformité de Google est suffisante.

Deux évolutions sont donc possibles dans les mois à venir : un élargissement à d’autres catégories de services, ou de nouveaux ajustements demandés par Bruxelles. Dans les deux cas, l’immobilier n’est pas en première ligne, mais rien ne l’exclut.

Ce qui est à prévoir pour un agent immobilier

L’encart réservé aux entreprises elles-mêmes, que Google appelle « unité fournisseur », s’appuie sur ce que Google peut lire sur votre site internet, pas sur votre fiche. Un mandataire qui n’a qu’une page conseiller sur le site de son réseau n’aurait rien à y montrer si cet encart arrivait sur l’immobilier.

Chez Podiom, nous suivons pour chaque conseiller immobilier l’apparition éventuelle d’un encart tiers sur ses mots-clés de ville. Nous regardons aussi la cohérence de sa présence sur les portails et sites d’estimation : nom, téléphone, zone, avis. Le jour où l’un d’eux entre dans l’encart, c’est sa fiche sur cette plateforme qui s’affichera. Le travail de fond reste la fiche Google : avis récents, publications régulières, zone d’intervention à jour.

Sources

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