Artisan : ce que le DMA change pour votre fiche Google, plombier, électricien ou maçon

Dans la page qu’il consacre à son nouvel encart européen pour les entreprises, Google prend un exemple précis : un prestataire de plomberie. Cet encart, comme celui réservé aux plateformes, a été créé pour se conformer au Digital Markets Act (DMA), et couvre depuis le 18 septembre 2026 les recherches d’établissements locaux. Le contexte complet est dans notre article de synthèse sur le DMA.

Pour un plombier, un électricien, un chauffagiste ou un maçon, les recherches en jeu sont celles qui déclenchent un appel : « plombier + ville », « électricien urgence + ville », « dépannage chauffage + ville ».

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Ce que les artisans ont déjà connu en 2024

Les artisans ne découvrent pas le sujet. Lors de la première vague de mise en conformité de Google avec le DMA, début 2024, une section « sites de lieux » est apparue au-dessus du bloc local sur certaines recherches comme « plombier à Nantes ». Elle affichait des annuaires et des comparateurs. PagesJaunes a revendiqué dès octobre 2024 sa présence dans ces carrousels, avec ses 16 millions d’avis clients.

La nouveauté de septembre 2026 est plus structurée : un encart unique pour une plateforme validée par Google (l’« unité agrégateur »), et à côté, un encart réservé aux entreprises elles-mêmes (l’« unité fournisseur »).

Ce qui change aujourd’hui pour un artisan

Sur les recherches que nous suivons pour nos clients artisans, aucun encart tiers n’est installé de façon stable au-dessus de leur fiche à ce jour. La fiche Google reste ce qui génère les appels.

Le risque vient des plateformes qui recensent déjà les artisans en masse : l’annuaire PagesJaunes d’abord, et les sites de mise en relation pour devis. Si l’une d’elles est validée par Google pour le bâtiment, une recherche « électricien Paris 11 » pourrait afficher sa sélection en premier, avec un clic qui mène vers la plateforme. Pour les sites de devis, cela signifie souvent une demande partagée entre plusieurs artisans, et payée par chacun.

Artisan, thérapeute, institut : qui est le plus exposé ?

Métier Plateformes qui recensent déjà le secteur Exposition aujourd’hui
Supermarché, banque Outils de gestion multi-sites (Partoo) Encart déjà visible
Restaurant Réservation de table, livraison Forte, catégorie citée par Google
Institut de beauté Planity, Treatwell Forte, catégorie citée par Google
Artisan PagesJaunes, sites de devis Moyenne, déjà touché en 2024
Thérapeute Plateformes de rendez-vous bien-être, annuaires Moyenne, en hausse
Agent immobilier Portails, sites d’estimation Faible à court terme

L’artisan se situe au milieu. Une plateforme de taille nationale existe pour son secteur, contrairement à l’immobilier. Mais sa recherche ne débouche pas sur une réservation en ligne comme dans la beauté ou la restauration : le client appelle, et c’est le téléphone affiché sur la fiche Google qui sonne.

Faut-il s’inquiéter ?

Pas plus qu’en 2024. Les artisans qui avaient une fiche Google bien tenue n’ont pas disparu quand les « sites de lieux » sont apparus. Plusieurs éléments jouent en leur faveur :

  1. Google Maps n’est pas concerné. Selon Partoo, environ la moitié des recherches locales passent par Maps, qui reste inchangé. Pour un dépannage, beaucoup de clients cherchent directement sur leur téléphone, dans Maps.
  2. Google cite l’artisan comme exemple d’entreprise directe. L’encart réservé aux entreprises a été pensé pour ce profil, avec le plombier comme illustration.
  3. L’urgence favorise l’appel direct. Sur une fuite ou une panne, le client appelle le premier numéro fiable, pas un formulaire de devis.

Dans quel sens le vent souffle

Google étend ses encarts par étapes, et la Commission européenne évalue encore sa mise en conformité. Google conteste la règle et affirme que les ajustements précédents ont fait baisser d’environ 30 % le trafic direct et gratuit vers les entreprises européennes. Pour le bâtiment, le scénario le plus probable dans les prochains mois est le retour d’un annuaire dans un encart fixe sur les recherches de métier les plus courantes (plombier, électricien, serrurier), dans les grandes villes d’abord.

Ce qui est à prévoir pour un artisan

L’unité fournisseur s’appuie sur le site internet de l’artisan, pas sur sa fiche. Un artisan sans site, ou avec un site qui ne précise ni ses prestations ni sa zone d’intervention, n’a rien à y montrer. La cohérence des informations compte aussi : le même nom, le même numéro et la même adresse sur la fiche Google, le site et l’annuaire PagesJaunes.

Chez Podiom, nous suivons pour chaque artisan l’apparition d’un encart tiers sur ses mots-clés de métier et de ville, et nous vérifions sa présence sur les annuaires locaux. La fiche Google reste le premier levier : avis récents, photos de chantiers, zone d’intervention à jour, catégorie principale juste.

Sources

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