Institut de beauté : le DMA met Planity en concurrence avec votre fiche Google
Dans la documentation qu’il adresse aux plateformes, Google donne un seul exemple de « services » concernés par ses nouveaux encarts de recherche locale en Europe : les salons de beauté. Ces encarts, créés pour se conformer au Digital Markets Act (DMA), permettent à une plateforme tierce d’afficher sa propre sélection d’établissements à côté de la carte et des fiches Google. Le contexte complet est dans notre article de synthèse sur le DMA.
Pour un institut de beauté, un salon d’esthétique ou une esthéticienne indépendante, c’est donc le métier explicitement nommé par Google. Les recherches concernées sont celles qui remplissent les cabines : « institut de beauté + ville », « épilation + ville », « soin du visage + ville ».
Et votre position sur Google, vous la connaissez ?
Ce qui change aujourd’hui pour un institut de beauté
Les changements sont en place depuis le 18 septembre 2026 dans la documentation de Google. Leur affichage, lui, dépend de deux conditions : qu’une plateforme ait été validée par Google pour la beauté, et qu’elle couvre suffisamment d’établissements dans la ville recherchée. Google ne publie pas la liste des plateformes validées, et l’affichage varie selon les requêtes et les villes.
Le plus simple reste de vérifier : une recherche en navigation privée sur « institut de beauté » suivi de votre ville montre si un encart tiers apparaît déjà au-dessus ou en dessous du bloc local de Google.
Pourquoi la beauté est le secteur le plus exposé
Une plateforme domine déjà le secteur en France. En février 2024, Planity revendiquait 37 000 établissements de beauté clients, sur environ 140 000 en France, soit plus d’un sur quatre. Treatwell occupe aussi une partie du marché. Ces plateformes disposent exactement des données que Google demande : nom, adresse, téléphone, catégorie, photos, et en plus les disponibilités en temps réel.
Si l’une d’elles est retenue, l’internaute qui tape « institut de beauté Avignon » verra sa sélection mise en avant, avec des créneaux réservables. Un clic dans cet encart mène vers la plateforme, pas vers la fiche de l’institut.
Institut de beauté, thérapeute, agent immobilier : qui est le plus exposé ?
| Métier | Plateformes qui recensent déjà le secteur | Exposition aujourd’hui |
|---|---|---|
| Supermarché, banque | Outils de gestion multi-sites (Partoo) | Encart déjà visible |
| Institut de beauté | Planity, Treatwell | Forte, catégorie citée par Google |
| Restaurant | Réservation de table, livraison | Forte, catégorie citée par Google |
| Thérapeute | Plateformes de rendez-vous bien-être, annuaires | Moyenne, en hausse |
| Artisan | PagesJaunes, sites de devis | Moyenne, déjà touché en 2024 |
| Agent immobilier | Portails, sites d’estimation | Faible à court terme |
L’institut de beauté partage la tête du tableau avec la restauration. Les deux secteurs réunissent les mêmes ingrédients : une catégorie nommée par Google, une plateforme qui couvre une grande partie du marché, et une recherche orientée vers la réservation immédiate plutôt que vers le choix d’une personne.
Faut-il s’inquiéter ?
Il faut surtout distinguer deux situations.
L’institut est déjà sur Planity ou Treatwell. Il restera visible dans l’encart, mais une partie des clientes qui le trouvaient gratuitement via sa fiche Google passera par la plateforme. Selon le contrat, cela peut signifier des frais sur les nouvelles clientes, et des données clients qui restent chez la plateforme.
L’institut n’y est pas. Il disparaît de l’encart le plus visible sur les recherches où il apparaît, et ne compte plus que sur le bloc local de Google, Google Maps et l’encart réservé aux établissements eux-mêmes.
Google Maps n’est pas concerné par ces changements. Selon Partoo, environ la moitié des recherches locales passent par Maps, où la fiche reste seule en jeu.
Dans quel sens le vent souffle
Google a étendu ses encarts aux recherches locales dix jours après le lancement du 8 septembre. Il conteste la règle et affirme que les ajustements précédents liés au DMA ont fait baisser d’environ 30 % le trafic direct et gratuit vers les entreprises européennes qui prennent des réservations. La Commission européenne, de son côté, évalue encore si la mise en conformité de Google est suffisante. La tendance va vers plus de place pour les plateformes dans la recherche Google, pas moins.
Pour la beauté, il faut s’attendre dans les prochains mois à voir l’encart apparaître sur davantage de villes et de prestations, à commencer par les plus réservées en ligne.
Ce qui est à prévoir pour un institut de beauté
Google réserve un second encart aux établissements eux-mêmes, qu’il appelle « unité fournisseur ». Il s’appuie sur ce que Google peut lire sur le site internet de l’institut : prestations, tarifs, horaires, photos. Un institut sans site, ou avec un site qui ne détaille pas ses soins, n’a rien à y montrer.
Chez Podiom, nous suivons pour chaque institut l’apparition d’un encart tiers sur ses mots-clés de prestation et de ville, et la plateforme mise en avant. La fiche Google reste le premier levier sur Maps et dans le bloc local : avis récents, photos des cabines et des réalisations, prestations détaillées avec leurs prix.
Sources
- Google Actions Center : recherches locales et services de recherche verticale
- Search Engine Journal : Google ajoute les établissements locaux aux encarts EEE (18/09/2026)
- Google Search Central : unité fournisseur
- Maddyness : Planity, 37 000 établissements clients (février 2024)
- Partoo : DMA et recherches locales
- Betanews : déclaration de Nick Fox (Google)
On fait un point sur votre situation digitale ?
