Thérapeute : ce que le DMA change pour votre visibilité sur Google
Depuis le 18 septembre 2026, Google indique dans sa documentation officielle que ses nouveaux encarts européens, créés pour se conformer au Digital Markets Act (DMA), couvrent aussi les recherches d’établissements locaux. Une plateforme tierce peut donc afficher sa propre sélection de professionnels à côté de la carte et des fiches Google. Le contexte complet est dans notre article de synthèse sur le DMA.
Pour un thérapeute, la question porte sur des recherches précises : « hypnothérapeute Lyon », « sophrologue Annecy », « naturopathe Bordeaux ». Ce sont souvent celles qui remplissent l’agenda.
Et votre position sur Google, vous la connaissez ?
Ce qui change aujourd’hui pour un thérapeute
Sur les recherches que nous suivons pour nos clients du bien-être, aucun encart tiers n’est apparu au-dessus du bloc local de Google à ce jour. La fiche Google reste ce que voit en premier une personne qui cherche un praticien près de chez elle.
Le risque est pourtant plus réel que pour d’autres métiers. Google cite les « services » parmi les recherches locales visées, avec l’exemple des salons de beauté, une catégorie très proche du bien-être. Et pour qu’un encart tiers apparaisse, il faut une plateforme qui recense déjà les praticiens d’une ville avec leur adresse, leur spécialité et leurs photos. Ce type de plateforme existe dans le secteur.
Quelles plateformes pourraient occuper cet encart
Le paysage des thérapeutes a une particularité. En octobre 2022, Doctolib a retiré de sa plateforme environ 5 700 praticiens du bien-être (naturopathes, sophrologues, hypnothérapeutes), pour se recentrer sur les professions reconnues par les autorités de santé. Les thérapeutes non conventionnés se sont donc répartis sur d’autres outils de prise de rendez-vous : plateformes spécialisées bien-être, annuaires de thérapeutes, et Planity, qui a annoncé en 2024 vouloir s’étendre au-delà de la beauté.
Cette dispersion protège en partie les thérapeutes. Aucun acteur ne recense aujourd’hui l’ensemble des hypnothérapeutes ou des sophrologues d’une ville. Mais il suffit qu’une plateforme atteigne une couverture suffisante sur une spécialité pour qu’elle devienne candidate.
Thérapeute, agent immobilier, institut : qui est le plus exposé ?
| Métier | Plateformes qui recensent déjà le secteur | Exposition aujourd’hui |
|---|---|---|
| Supermarché, banque | Outils de gestion multi-sites (Partoo) | Encart déjà visible |
| Restaurant | Réservation de table, livraison | Forte, catégorie citée par Google |
| Institut de beauté | Planity, Treatwell | Forte, catégorie citée par Google |
| Thérapeute | Plateformes de rendez-vous bien-être, annuaires | Moyenne, en hausse |
| Artisan | PagesJaunes, sites de devis | Moyenne, déjà touché en 2024 |
| Agent immobilier | Portails, sites d’estimation | Faible à court terme |
Le thérapeute se situe entre l’institut de beauté, très exposé, et l’agent immobilier, peu exposé. Sa recherche est souvent une recherche de personne (« quel praticien choisir ? ») comme pour l’immobilier, mais elle passe de plus en plus par une prise de rendez-vous en ligne, comme pour la beauté.
Faut-il s’inquiéter ?
Pas aujourd’hui, mais c’est le métier de nos clients pour lequel nous surveillons le plus attentivement. Trois éléments relativisent le risque :
- Google Maps n’est pas concerné. Selon Partoo, environ la moitié des recherches locales passent par Maps, qui reste inchangé.
- La confiance passe par la personne. Un patient qui hésite entre deux sophrologues lit les avis, regarde les photos du cabinet, vérifie la formation. La fiche Google et le site du praticien portent ces éléments mieux qu’une liste sur une plateforme.
- L’encart réservé aux praticiens eux-mêmes existe. Google l’appelle « unité fournisseur ». Il s’affiche à côté de l’encart de la plateforme et s’appuie sur le site internet du praticien.
Dans quel sens le vent souffle
Google étend ces encarts par étapes : quatre catégories le 8 septembre, les recherches locales le 18. La Commission européenne évalue encore la mise en conformité de Google, et Google conteste publiquement la règle, qu’il présente comme favorable aux intermédiaires au détriment des commerces locaux. Les mois qui viennent peuvent donc apporter un élargissement à de nouvelles catégories de services, ou des ajustements imposés par Bruxelles.
Pour le bien-être, le scénario le plus probable à moyen terme est l’arrivée d’une plateforme de rendez-vous dans l’encart sur certaines spécialités très recherchées (hypnose, sophrologie, naturopathie) dans les grandes villes d’abord.
Ce qui est à prévoir pour un thérapeute
Le site internet du thérapeute prend du poids dans ce scénario. C’est lui que Google lit pour remplir l’unité fournisseur, pas la fiche. Un praticien sans site, ou avec un site que Google indexe mal, n’aurait rien à montrer dans cet encart.
Chez Podiom, nous suivons pour chaque praticien bien-être l’apparition d’un encart tiers sur ses mots-clés de spécialité et de ville, et la plateforme mise en avant le cas échéant. En parallèle, nous continuons le travail sur la fiche Google (avis, publications, catégories, services) qui reste aujourd’hui le premier levier de prise de rendez-vous.
Sources
- Google Actions Center : recherches locales et services de recherche verticale
- Search Engine Journal : Google ajoute les établissements locaux aux encarts EEE (18/09/2026)
- Google Search Central : unité fournisseur
- Allodocteurs : Doctolib retire les praticiens du bien-être (octobre 2022)
- Maddyness : levée de fonds de Planity et extension au bien-être (février 2024)
- Partoo : DMA et recherches locales
- Betanews : déclaration de Nick Fox (Google)
On fait un point sur votre situation digitale ?
