Fin du démarchage téléphonique : ce que la fiche Google peut prendre en relais
Depuis le 11 août 2026, la fin du démarchage téléphonique sans consentement a changé le quotidien de nombreux conseillers immobiliers. Les appels à froid vers des propriétaires repérés sur une annonce de particulier, ou vers une liste achetée, ne sont plus possibles sans accord préalable. En appel découverte, les mandataires nous en parlent rarement en termes juridiques. Ils nous disent plutôt qu’une partie de leur semaine a disparu, et qu’ils cherchent ce qui peut la remplacer. La fiche Google prend une partie de ce relais, à condition de comprendre ce qu’elle peut faire et ce qu’elle ne fera jamais.
Ce que dit la nouvelle règle
Le changement vient de l’article 13 de la loi n° 2025-594 du 30 juin 2025 contre toutes les fraudes aux aides publiques, qui a réécrit l’article L. 223-1 du Code de la consommation. Selon la fiche pratique que la DGCCRF consacre aux règles du démarchage téléphonique, le principe s’est inversé à compter du 11 août 2026 : un professionnel ne peut plus démarcher un consommateur par téléphone sans son consentement préalable, là où il suffisait auparavant de ne pas appeler les numéros inscrits sur la liste d’opposition Bloctel.
Et votre position sur Google, vous la connaissez ?
Ce consentement doit être donné de manière libre et explicite, et le professionnel doit pouvoir en apporter la preuve. Une case précochée ou une mention noyée dans des conditions générales ne suffit pas. La règle prévoit des exceptions, notamment pour les appels liés à un contrat en cours ; leur périmètre exact relève du texte et de son décret d’application, et le service juridique de votre réseau est le mieux placé pour l’appliquer à votre pratique. La réforme vise le téléphone : le porte-à-porte et la prospection de terrain obéissent à d’autres règles, qu’elle ne modifie pas.
Ce que les conseillers faisaient au téléphone
Pour mesurer ce qui disparaît, il faut regarder à quoi servait concrètement le téléphone dans la semaine d’un mandataire. D’après ce que nous racontent les conseillers, il servait d’abord à transformer une information en rendez-vous : un panneau « à vendre » de particulier aperçu dans la rue, une annonce sur un site de petites annonces, un nom transmis par une connaissance. L’appel permettait de proposer une estimation à quelqu’un qui n’avait rien demandé, mais qui avait manifesté, d’une manière ou d’une autre, l’intention de vendre.
À côté de ces appels à froid, il y avait la liste chaude : les anciens clients, les personnes rencontrées lors d’une estimation qui n’avait pas abouti, les voisins d’un bien vendu. Une partie de ces contacts a donné son accord à un moment ou à un autre, une autre non, et la réforme oblige à faire le tri.
Le porte-à-porte, lui, reste possible. Mais il ne fonctionne plus de la même façon quand le coup de téléphone qui le suivait ne peut plus être passé.
Ce que la fiche Google peut prendre en relais
Le vendeur qui recevait autrefois un appel n’a pas cessé d’exister. Il cherche simplement autrement, et une bonne partie de ses recherches passe par Google : « estimation immobilière » suivie du nom de sa commune, « mandataire immobilier » dans son secteur, parfois directement le nom d’un conseiller dont on lui a parlé. Ce sont des recherches que nous suivons chaque mois pour les conseillers que nous accompagnons, et elles ont une particularité précieuse : la personne qui les fait a déjà décidé de se renseigner.
La fiche Google permet de capter ces demandes entrantes, avec un avantage qui compte dans le nouveau cadre : c’est le vendeur qui appelle, ou qui envoie un message, et la question du consentement ne se pose plus de la même façon. Pour que ces demandes arrivent, la fiche doit apparaître sur les communes où vous travaillez réellement, ce qui demande un travail régulier sur les publications, les services et les avis qui nomment ces communes. Nous en avons détaillé le principe dans notre article sur le paramétrage en adresse précise ou en zone desservie.
La fiche ne fait pas tout le travail de conviction que faisait l’appel. Elle le déplace : le vendeur lit vos avis, regarde vos publications, compare votre fiche à deux ou trois autres, puis décide. Une fiche qui montre des ventes récentes dans sa commune, et des clients qui racontent comment s’est passée la leur, fait à distance une partie de ce que vous auriez dit au téléphone.
Ce que la fiche ne remplacera pas
Nous ne promettons à aucun conseiller qu’il vivra de sa seule fiche Google. Le terrain reste irremplaçable : la présence au marché du samedi, la connaissance des propriétaires d’un village, le notaire ou l’artisan qui vous recommande. Le réseau personnel non plus ne se remplace pas, parce qu’une recommandation par quelqu’un qu’on connaît garde un poids qu’aucun avis en ligne n’égale.
Ce qui change, c’est l’articulation entre les deux. Le terrain produit de la notoriété dans la vie réelle, et la fiche la rend visible à ceux qui cherchent sans vous connaître encore. Un vendeur à qui l’on a parlé de vous au marché va presque toujours taper votre nom avant d’appeler, et ce qu’il trouve à ce moment-là pèse dans sa décision.
Un mandataire rural qui a accéléré à cause de l’échéance
Parmi les conseillers que nous accompagnons, un mandataire installé en secteur rural, sans vitrine, a pris la décision d’accélérer sur le digital précisément à cause de cette échéance. Son raisonnement tenait en peu de mots : les appels allaient se raréfier, et sans agence physique, aucun passage devant une devanture ne viendrait compenser.
Sa situation résume bien celle de beaucoup de conseillers ruraux. Le secteur couvre de nombreuses communes, chacune avec peu de recherches, et la fiche doit apparaître dans chacune d’elles pour que les vendeurs qui y cherchent un mandataire tombent sur lui plutôt que sur l’agence du bourg voisin. C’est ce travail, commune par commune, que l’échéance du 11 août l’a décidé à engager.
Si vous voulez voir où votre fiche apparaît aujourd’hui sur les recherches de vendeurs de votre secteur, l’audit instantané vous en donne l’état commune par commune. Les autres leviers de visibilité propres au métier sont décrits dans notre article sur le référencement local des agents immobiliers.
On fait un point sur votre situation digitale ?
